Je veux faire ça comme métier plus tard !

Marianne, Juillet 2017

Depuis quelques années maintenant, j’interviens en classe de CP pour faire connaître davantage les cétacés et sensibiliser les enfants à la captivité. Je commence par expliquer les différences avec le requin, puis entre les dauphins et les baleines.

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Il y a souvent un élève, vif et très curieux qui est fier de savoir répondre à toutes mes questions et qui a déjà des connaissances impressionnantes pour son âge.

J’exprime ensuite mon souhait d’aller voir ces animaux « en vrai » et pourquoi je ne vais pas les voir en delphinarium. Je montre alors une image de dauphins avec un ballon au bout de leurs rostres accompagnée d’un discours sur la tristesse de ces vies d’esclaves. Une petite fille m’interrompt perplexe « mais pourquoi le dauphin n’aime pas jouer avec le ballon ? ». Mais bien sûr ! C’est évident ! Qui n’aimerait pas jouer avec un ballon du point de vue d’une petite fille de 6 ans ? « Eh bien tu as raison, peut être qu’il aime ça, car il n’a rien d’autre à faire, il est coupé de sa famille, dans un espace restreint où sa vie sociale consiste à faire des numéros de cirque pour remplir son estomac ».

La question est très pertinente, Fabienne Delfour (Docteur en éthologie cognitive ) encadre en ce moment même une doctorante qui étudie le bien être des dauphins en captivité, je n’en sais pas bien plus mais je suis très curieuse quant à cette étude. Je me demande comment les dauphins vivent les représentations en public ? Cela les distrait-ils a minima ? Ou aucun plaisir ne découle de ces exercices anti-naturels ?

J’explique ensuite la plongée « en apnée », mot inconnu encore à cet âge, et la technique de la monopalme. Puis les enfants doivent reconnaître les baleines qu’Alex a prises en photo sur une grande image regroupant l’ensemble des cétacés et ils se trompent rarement !

 

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Je leur montre aussi un petit film plus explicite que des photos où je nage avec dauphins et cachalots.

ils doivent ensuite répondre à un quizz sur ces animaux puis je leur distribue un prospectus de l’association « C’est assez » qui explique la vie d’un dauphin en liberté comparativement à une vie en captivité.

Une petite fille vient me voir les yeux pleins d’étoiles « je veux faire ça comme métier plus tard ! », « comme je te comprends » me dis-je dans ma tête ! Une autre s’approche et m’explique que sa maman a une énorme cicatrice sur le bras car elle s’est faite mordre par un requin…oups ! Voilà que quelques minutes avant j’avais essayé de donner au requin une image plus positive en  me montrant à ses côtés prouvant que le danger était très rare et ne concernait que très peu d’espèces.

 

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Mais quel plaisir à chaque fois de parler devant des petites bouilles avides de connaissances et avec des questions pleines de bon sens ! La plus belle récompense vient d’un garçon qui une semaine après mon intervention avait prévu d’aller au parc Astérix et qui m’interpelle: « je dirais à mes parents de ne pas aller voir les dauphins! »…

 

Ma mère a pu m’accompagner et a gentiment réalisé cette vidéo dans une classe à Hyères :

 


Avec Alex nous sommes également intervenus lors d’une conférence à l’exposition « SAUVAGES » à Bordeaux qui avait pour but de sensibiliser à la captivité. Nous devions être les témoins de nos rencontres avec les animaux libres mais nous en avons profité aussi pour dénoncer une autre forme d’exploitation animale, celle du tourisme animalier où l’argent passe avant le bien être de la faune (nous vous en avons déjà parlé ici).

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Que notre expérience et les photos d’Alex nous aient permis d’intervenir auprès d’associations engagées telle que « 30 millions d’amis », « C’est assez » ou « Sea Shepherd », a été pour moi une immense fierté. Mon amour pour les animaux est viscéral et je ne me sens jamais aussi bien que quand je suis entourée de personnes qui consacrent leur vie à les défendre.

 

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Immense merci à Thibault Sarny d’avoir pensé à nous, à Christine Grandjean pour son combat, à Jean Jacques Bruni et Marianne Arnaud pour m’accueillir dans leurs classes, à  Ischka Luna pour les photos et à ma mère pour son soutien, sa disponibilité et sa présence!

Photos: Michèle Garance, Ischka Luna et Marianne Aventurier

Vidéo: Michèle Garance

 

  8 comments for “Je veux faire ça comme métier plus tard !

  1. sophie gascard
    30 juillet 2017 at 16 h 03 min

    Géniale! ! la vidéo dans la classe d Hyeres est carrément géniale! ! bravo à vous deux.

    • Mar et Alex
      21 août 2017 at 9 h 42 min

      <3

  2. Micheèle Garance
    30 juillet 2017 at 21 h 02 min

    Ce fut un réel plaisir que de contribuer à ce combat contre la captivité animale.

    • Mar et Alex
      21 août 2017 at 9 h 42 min

      <3

  3. Aurore MB
    6 août 2017 at 9 h 16 min

    Bravo pour ce que vous faites. Je suis toujours tjrs impressionnée ! :)

    • Mar et Alex
      21 août 2017 at 9 h 41 min

      merci Aurore :-)))

  4. 11 août 2017 at 10 h 31 min

    Oh que j aime les dauphins, les baleines! J ai vu les dauphins en captivité: insupportable! Au Marine land de Miami, j ai vu les dauphins sauter dans des cercles de feu…Le bassin était rond, large, profond, une citerne dressée, on pouvait descendre au bas de ce bassin à la paroi transparente, voir les poissons faire leurs demi-tours dans le fond. J avais le nez collé à la vitre. Au bout d un moment, les dauphins curieux apercevant ma silhouette, sont venus faire leurs facéties devant moi. J étais devenue leur centre d intérêt! Je ne sais plus qui observer qui!!

    A Cuba, j ai nagé avec les dauphins en liberté dans les mangroves: tout autre chose!

    Voilà le récit de cette aventure: il sera dans le tome 2 de ENTRE DEUX BLEUS, mon bouquin de souvenirs/pépites de voyages à travers de notre belle planète Terre (voir page Face Book de même nom!)

    Enfin ! Je vais nager avec des dauphins ! A Cuba dans les mangroves. Le temps est idyllique, le soleil haut, très haut. L’eau indigo veloute l’horizon. Les racines des arbres s’entremêlent, araignées géantes, inquiétantes…
    Les dauphins sont là, prêts à toutes les facéties. Le dresseur, Gary, nous met en garde : « Pas de geste brusque, ils sont très sensibles, ils ressentent toutes vos émotions, vos peurs. » Les animaux à la peau sombre, lustrée, se faufilent entre nos jambes, agiles, souples. Je m’accroche à la nageoire dorsale de l’un d’eux, il m’emmène au large, nous fendons les flots, des gerbes d’écume fouettent mon visage, je ris aux éclats. Je m’allonge sur le ventre. Le dauphin positionne son rostre sur la plante de mes pieds bloqués à l’équerre, et il me propulse sur 30 mètres. C’est grisant cette sensation de glissade à fleur d’eau. C’est du body surfing ! Je me sens pousser des couettes, je babille, je glousse ! J’ai quatre ans, des étoiles plein les yeux. Je resterais là à jouer avec eux des heures. Mais il est temps de les laisser se reposer. Le moniteur nous interpelle : « Hey, les Françaises, ça vous direz de m’assister quand je les nourris pour les remercier du show ? » Un « ouiiiiiiii ! » sort de nos gorges d’enfant. Cathy y va en premier. Elle disparaît au coin des palétuviers, et revient encore sous le charme. « A moi ! » je plonge dans l’eau miroir. Le dompteur m’enlace par la taille, il me serre un peu trop contre lui, je trouve ! Il me confie le seau de poissons pour les dauphins. J’en tends un au dauphin qui l’engouffre en me plaquant encore plus contre le ventre de Gary. Cette position m’incommode. Mes fesses sont collées à son corps. Je ne savais pas qu’il lui fallait aussi une récompense ! Je me cambre pour m’écarter un peu, mais le dauphin me rabat toujours contre lui. Tout d’un coup, je sens sa main glisser sur ma hanche, la pétrir. Oh le cauchemar ! Gary s’enhardit encore, il défait le nœud de côté de mon bikini. Bonjour le retour au réel ! Quel c… ce mec, quel pauvre type obsédé! Il a cassé mon jouet ! Mes 4 ans volent en éclats, j’ai envie de disparaître, de m’enfuir. Je donne un coup de rein et me dégage. Soudain le dauphin, ressentant mes ondes de détresse, m’attrape par le dessous des pieds, et me fait surfer à toute vitesse vers le ponton. Je me hisse sur les planches, libérée. Le type arrive. Je me redresse et m’exclame en montrant le dauphin : « My savior ! » Le dauphin fait son beau, il a l’air ravi de son sauvetage. Il sort de l’eau, complètement, danse tout debout sur sa queue, pousse des petits cris rieurs, et se laisse retomber dans un grand splash. La gerbe d’eau retombe sur mon visage, lave mon dégoût. Je plonge, entoure mon sauveur de mes bras. J’ai à nouveau 4 ans!

    • Mar et Alex
      21 août 2017 at 9 h 40 min

      Merci pour ce témoignage! Je n’ai malheureusement pas l’impression qu’à Cuba il s’agisse de dauphins libres, ils ont peut être plus d’espace qu’au Marineland mais effectuer toutes ces acrobaties pour être nourris est clairement de l’exploitation. Mon amour des dauphins m’a aussi conduit dans ce genre de centre à Key Largo dans ma jeunesse et aujourd’hui je m’en veux beaucoup d’avoir été aussi naïve. A l’époque je me souviens bien qu’il n’y avait aucune intéraction avec l’animal, il allait me chercher un bout d’algue et attendait son poisson, il poussait mes pieds avec son rostre et attendait son poisson, je m’accrochais à sa dorsale et il attendait son poisson. Je n’ai ressenti que du vide. J’espère que tu auras l’occasion de les voir en liberté où c’est eux qui choisissent de venir intéragir ou non :-)

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