Nikonos VS Pixels

Tout d’abord qu’est ce qu’un NIKONOS ?
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Il s’agit d’un appareil photo sous-marin argentique, étanche, mythique, dont la première mouture fut mise au point en 1960 par Jacques-Yves Cousteau et Jean de Wouters. Le modèle que j’utilise est un Nikonos V (5ème génération de cet appareil) qui a été distribué de 1984 à 2001.

La particularité est que cet appareil est entièrement étanche, il s’agit là de materiel photo de très bonne qualité qu’il est facile de trouver d’occasion sur le web pour 200/300€ avec son objectif 35mm, et comptez le double si vous souhaitez acquérir le grand angle 15mm f2.8 qui fait toujours reference en terme d’optique.

 

Mais pourquoi ?

Pourquoi se trimballer un pavé orange fluo tout droit sorti des années 80 dans lequel on ne loge que 36 poses, sachant qu’il existe des caissons étanches pour la plupart des appareils numériques et que de plus en plus de contructeurs fabriquent même des appareils compacts étanche ?

Tout d’abord le orange, ce n’est pas si moche, la couleur disparait avec la profondeur, et c’est pratique pour le retrouver au milieu de son materiel!

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Mon materiel de reportage minimaliste pour mes escapades anglaises!

 

Si vous avez plus de 25 ans, vous le savez bien, l’arrivée des capteurs numériques a changé la pratique de la photo, grâce des autofocus qui fonctionnent à merveille, la possibilité de rattraper les mauvaises expositions sur n’importe quel logiciel, et des cartes mémoires qui permettent de stocker des centaines de photos à chaque sortie. Aujourd’hui, il est donc difficile de rater techniquement une photo.

Pour ma part, je suis complètement autodidacte, et je me suis rendu compte que j’avais pris de mauvaises habitudes avec le bel appareil reflex que j’avais entre les mains. Il n’est pas rare que je fasse 200 à 300 « photos » par sortie, une grande utilisation du mode rafale, beaucoup de recadrage et de  retouche en post-prod. En regardant le travail de photographes dont j’admire le travail, je me suis rendu compte que je remplissais ma carte mémoire d’un stock d’images mais que j’étais loin d’avoir des résultats photographiques concluants.

Utiliser un Nikonos, pour ma part, c’est se défaire de ces habitudes, en prenant le chemin inverse, et en me forçant à penser chaque image. Et c’est d’une banalité déconcertante: cadrer un sujet, choisir manuellement où faire la mise au point, et ajuster l’exposition sachant que j’aurais au mieux 36 déclenchements pour la journée. Il me faut alors simplement réfléchir avant d’appuyer sur le déclencheur.

Comme dirait Forrest Gump: « une pellicule qui sort d’un Nikonos,  » c’est comme une boite de chocolat« … j’adore ce côté aléatoire d’avoir des paramètres qui m’échappent avant le développement, avec de bonnes et aussi beaucoup de moins bonnes surprises!

Un Nikonos se loge dans n’importe quel sac à main, c’est un appareil indestructible, il n’a besoin de presque aucun entretien, et on arrive à en tirer de magnifiques clichés. La preuve en est, ce site: NikonosProject qui regroupe de très talentueux passionnés qui vouent un culte à cet objet.

A l’heure de la course aux millions de pixels, je vous invite fortement à (re)découvrir un grain, une douceur, une ambiance, une simplicité et surtout une qualité qui me semble plus nécessaires que jamais.

Dernière chose : J’oubliais le plaisir de découvrir ses 36 photos à la sortie du labo quelques jours aprés la prises de vue, comme un gamin qui attend minuit un 24 décembre au soir!

 

Voila une petite galerie de clichés pris avec mon Nikonos V:

 

 

Photos et texte : Alex Voyer

Www.fisheyes.fr

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